Dire ou ne pas dire la vérité au malade en fin de vie

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Dire ou ne pas dire la vérité au malade en fin de vie

Message par albertedery » 21 Oct 2014, 14:31

Quelle belle question...Certaines personnes prétendront qu'il faut dire la vérité à tout prix. Pour d'autres, seulement percevoir un fond de vérité sera suffisant tandis que plusieurs pensent que c'est le malade qui doit décider quand il sera prêt à l'entendre.
Mais,se pourrait-il aussi qu'il ne soit jamais prêt?
La véritable question n'est-elle pas plutôt de savoir: comment dire la vérité? ou quelle relation créer pour expliquer la vérité?

Au niveau juridique, le droit fondamental de toute personne malade, c'est le droit à la vérité pour qu'elle soit en mesure de consentir librement aux décisions la concernant.
Au niveau éthique, le respect de la dignité humaine donne le droit au malade de connaître la vérité sur son état de santé. La liberté de chacun est de savoir ce qui l'attend pour lui permettre d'assumer son histoire personnelle, ce qui lui donnera la possibilité de choisir et de s'approprier en toute conscience la dernière étape de sa vie.
Au niveau moral, on constate que la vérité va souvent créer un effet thérapeutique. La souffrance morale, comme la solitude et l'incompréhension de ce qui se passe, est souvent source d'angoisse pour le malade.

Quand le malade décide qu'il est prêt à entendre sa vérité, le devoir du professionnel sera de le faire de manière appropriée et bienfaisante. Pour ce faire, il devra prendre en considération quatre éléments importants:
agir avec diplomatie;
de façon progressive;
en laissant une lueur d'espoir;
en accompagnant la personne.

Qui doit dire la vérité? Souvent,le médecin semble le premier concerné,mais cela ne veut pas dire qu'il est le seul à pouvoir le faire. Il peut arriver qu'un membre de la famille ou un proche demande à la dire.

Comme accompagnateur, on doit certes être ouvert et franc, mais on doit avant tout être attentif à la vérité du malade plutôt que de lui révéler la nôtre. Quand on accompagne une personne mourante, il ne faut pas oublier que c'est l'autre qui meurt. Il ne faut ni se substituer à elle , ni s'approprier sa mort pour apaiser nos propres angoisses. Il n'y a qu'une seule vérité, mais elle change d'aspect selon la personne qui la vit.

Et vous, comment aimeriez-vous connaître votre vérité en fin de vie?


Tiré d'un texte de Martine Claveau lors de son stage à la maîtrise en théologie pratique à Palli-Aide
albertedery
 
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